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Le mystère du Samedi saint - Père Jean-Claude Sagne

19 Avril 2014, 16:02pm

Publié par Véronique

Voici un extrait d'un des livres écrits par le père Jean-Claude Sagne. Il a été mon accompagnateur spirituel, notamment pendant son passage de ce monde au Père.

J'ai rencontré quelques difficultés pendant la saisie de cet article, les [ devant être changés en {. Je vous prie de m'en excuser.

 

 

"La maternité spirituelle de Marie - Femme, voici ton fils"

Père Jean-Claude Sagne

Editions de l'Emmanuel

 

LE MYSTERE DU SAMEDI SAINT (chapitre VII)

Le mystère du Samedi saint est le temps de la mémoire, le temps de la relecture, le creuset de l'espérance. C'est par l'excellence le déploiement du rôle de Marie en sa maternité spirituelle. Nous commencerons par suggérer ce que Marie a vécu le Samedi saint, en référence à Jésus, puis nous exposerons plus systématiquement notre participation personnelle au mystère du Samedi saint.

 

I. Marie, mémoire de l'Eglise

Après le déchaînement de la violence et des cris contre Jésus de Nazareth, l'homme des douleurs, un grand silence est tombé le soir du Vendredi saint.

 

Un tombeau neuf

Le corps de Jésus a été déposé dans un tombeau neuf où jamais "personne n'avait été mis" (Jn 19, 41). Jésus n'est pas réuni à ses pères. C'est lui qui est déjà l'ancêtre d'une nouvelle lignée, le premier de l'humanité nouvelle promise à la Résurrection. Seul dans le silence du sépulcre, il est le roi qui dort en paix, "le prince des rois de la terre" (Ap 1,5).

 

Une ineffable attente

Après l'ensevelissement de Jésus, il est dit que les saintes femmes "observent le repos" prescrit (Lc 23, 56). Tout c que la Vierge Marie a vécu au long des heures du Samedi saint est sous le signe du repos et du recueillement. Alors que le corps de Jésus repose au sépulcre, son âme trouve son repos dans le Coeur immaculé et douloureux de Marie. Celle-ci a connu au pied de la Croix la nuit la plus profonde de tous les temps (Jean Paul II, op. cit.). Elle avait en effet éprouvé le contrastre dramatique entre les promesses divines entendues à l'Annonciation et le spectacle de l'homme des douleurs exposé sur la Croix. Seule, privée de son Fils unique, Marie a ressenti un abîme de douleur. En même temps, son âme est toute habitée par la paix. Totalement remise à la volonté du Père, elle demeure dans l'adoration.

"Elle a bâti sa demeure

Dans les vouloirs du Père.

Aucune peur, aucun refus

Ne vient troubler l'oeuvre de grâce,

Son coeur est rempli d'ineffable attente.

Elle offre à Dieu le silence

Où la Parole habite."

(PTP, Hymne du 8 septembre : "Voici l'aurore avant le jour" (CFC)

 

Un silence plein d'espérance

Au long des heures du Samedi saint, Marie est la mémoire vivante de l'Eglise. Elle laisse repasser en son coeur tout ce que Jésus a pu dire ou faire pour accomplir les Ecritures. Elle laisse résonner en elle tous les évènements en en cherchant le sens (Lc 2, 19 et 51). Ce qui revient avec insistance au coeur de Marie, ce sont les annonces par Jésus de sa propre mort et de sa résurrection. Adrienne Von Speyr souligne la résonance en Marie le Samedi saint de la promesse de Jésus au Bon larron (Adrienne VON SPEYR, La servante du Seigneur, p. 135.). Le Berger avait affirmé sa liberté entière devant la mort : "J'ai le pouvoir de me dessaisir {de ma vie} et j'ai le pouvoir de la reprendre : tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père (Jn 10, 18). Le Père ne laisse jamais seul Celui qui'il a envoyé (Jn 8, 16 et 29 ; 10, 30 ; 16, 32) et qui n'a d'autre désir que d'accomplir sa volonté : "Tu ne laisseras pas ton saint connaître la corruption" (Ps 15, 10). Dans son silence plein d'espérance, Marie est la demeure vivante de la Parole. Dans sa prière, Marie a médité les évènements et les paroles de la vie de Jésus (Lc 2, 19.51). Elle les a "rassemblés" en en cherchant le sens. La tentation humaine est non seulement d'analyser mais de diviser, non seulement de distinguer mais d'opposer. La violence est ce qui disloque et aboutit à l'absurde. Marie redonne sens à la Passion de Jésus, paroxysme de la destruction et de la ténèbre, en y reconnaissant le passage de son Fils près du Père, la révélation de la miséricorde de Dieu pour le monde en réponse à l'obéissance du Fils. Au fil des heures du Samedi saint, au fur et à mesure que sa parole  se redonne à sa mère, Jésus la visite spirituellement pour conforter son âme et l'illuminer.

Dans l'acte de sa mort, comme offrande volontaire de sa vie, Jésus a accompli l'oeuvre du salut (Jn 19, 30). En remettant au Père son Esprit (cf. Lc 23, 46), il est envahi par l'Esprit du Père qui lui communique la vie divine : "{...} mis à mort selon la chair, {il est} rendu à la vie par l'Esprit" (1 P 3, 18). Alors que son corps repose encore au sépulcre, Jésus, en son âme vivifiée par l'Esprit, est déjà le Sauveur de ceux dont il partage la condition, tous les morts qui attendent le salut de Dieu.

 

Le salut de Dieu

Jésus commence de réaliser sa promesse : "L'heure vient, et elle est déjà là, où tous ceux qui gisent dans les tombeaux entendront la voix du Fils de Dieu" (Jn 5, 25). C'est dans  l'Esprit qu'il vient prêche la Bonne Nouvelle aux "esprits en prison" (1 P 3, 19). Les âmes des jutes de la première Alliance étaient dans un état d'attente et d'espérance avant de pouvoir être introduites dans l'intimité du Père. Plus largement, c'est aujourd'hui encotre notre condition, à nous tous qui espérons recevoir en plénitude les fruits de la résurrection du Sauveur. La prédilection par jésus de la joyeuse nouvelle de la délivrance au séjour des morts est "l'accomplissement jusqu'à la plénitude du message évangélique du salut" (Jean-Paul II, Catéchèse du 11 janvier 1989, DC 1989, n° 1979, p. 224, et CEC, n° 634.).

 

Dans la nuit de la foi

Le lieu spirituel des purifications de l'espérance est le Coeur douloureux et immaculé de Marie dans ses dispositions du Samedi saint. Elle accueille en elle toute l'Eglise et l'humanité tout entière. Plus que tout, marie est la Mère de la crainte de Dieu et de la "sainte espérance" (SI 24, 18). Dans la nuit de la foi, en communion avec le repose de Jésus en son sépulcre, Marie nous fait pressentir que le silence ne trahit pas le vide, mais qu'il enveloppe la présence de Dieu. En s'approfondissant, le mystère du Samedi saint est le passage dans le sein de Marie vers le sein du Père. Au jour du Samedi saint, Marie représente du fond d'elle-même l'attente du don du Père, au-delà de toute espérance. Ayant tout perdu en son Fils unique, elle est de nouveau mise en présence de la toute-puissance du Père qui est toute fidèle, toute bénignité. Dans une ligne toute maternelle, l'espérance de Marie est la confiance simple dans le Père qui aime à donner et redonner sa vie à ce qui est le plus petit, le plus démuni, le plus menacé. Il s'agit ici de savoir tout attendre du Dieu fidèle qui est l'ami des hommes, le Dieu de la vie. Le Samedi saint s'offre comme le lieu d'accueil pour tous les hommes qui attendent le salut de Dieu sans recevoir encore la lumière de la résurrection du Christ. Pour chaque fidèle baptisé, le Samedi saint est et reste le lieu discret de la purification qui conduit à la naissance plénière et à la vie filiale en Dieu.

 

Au terme du cheminement silencieux

Au terme du cheminement silencieux et tout intérieur du Samedi saint, Marie, dont la foi est toujours restée entière, laisse monter du fond de son coeur la joie de l'espérance. Comme le dit l'hymne pascale de Tamié :

"Quelqu'un près de la croix n'a pas douté ;

La Femme, jusqu'au jour, a porté seule

L'espoir du monde.

Sa foi devance l'heure

Et sait déjà :

Christ est ressuscité !

Mais c'est en secret,

Et Dieu seul connaît

La joie

Dont trésaille Marie"

(Hymne CFC, "Ô nuit de qeul éclat tu resplendis").

 

Avant même de recevoir sa première visite au matin de Pâques, au coeur de la nuit qui précède l'aube pascale, marie croit que son Fils est vivant.

 

II. Vivre le Samedi saint

L'espérance nous fait vivre. Comme Nicodème, nous sommes tous aujourd'hui encore en attente de la grâce de la nouvelle naissance. Certes, la foi est déjà la victoire qui nous donne part à la résurrection de Jésus (1 JN 5, 4-5). Un jour après l'autre, l'expérience de notre faiblesse nous fait néanmoins désirer que l'Esprit du Ressuscité nous libère de toute crainte.

"Il s'agit de le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, de devenir senblables à lui dans sa mort, afin de parvenir, s'il est possible, à la résurrection d'entre les morts" (Ph 3, 10-11).

Le Samedi saint est aujourd'hui le lieu spirituel où la Vierge Marie nous attend pour nus introduire plus avant dans le mystère de la sainte espérance. Ce jour mystérieux de repos et de recueillement est la traversée de la nuit de l'espérance. Bien au-delà de nos mots et images, c'est Marie elle-même qui forme la nuit de notre espérance. Communier à l'état spirituel de la Vierge le Samedi saint, c'est notre vie chrétienne d'aujourd'hui comme l'attente de la consommation du salut promis, avec notre besoin d'être purifiés et guéris.

La vie de la sainte espérance est le fruit que Marie dans sa sollicitude maternelle veut nous faire désirer et goûter :

"Moi, je suis la mère du bel amour, de la crainte, de la science et de la sainte espérance. Moi qui demeure toujours, je suis donnée à tous mes enfants, ceux qui sont choisis par lui " (Si 24, 18).

Il y a partie liée entre la maternité et l'espérance, et cela vaut pour toutes les composantes de la maternité en toutes ses formes et réalisations. La mère connaît son enfant avant de le voir, l'ayant mis au monde. Elle sait que la promesse de la vie exède sans proportion les signes ténus qui donnent lieu à investigation. La femme est celle qui sait le prix du temps :  l'attente n'est pas du temps perdu, mais la germation enfouie de la vie. Elle sait aussi que l'obscurité de la nuit peut contenir et envelopper une présence, là où d'autrez auraient peur du vide et de la perte.

Le dernier mot de la pédagogie de Marie n'est pas de nous introduire dans la nuit de la foi, mais de se faire elle-même pour nous la nuit de l'espérance. Y a-t-il là une différence ? C'est l'expérience du contact avec une présence. Au moment où Marie nous enlève avec douceur et netteté tous nos appuis humains, Dieu voulant, elle fait ensorte, sans du tout donner le sentiment de sa proximité, d'orienter notre coeur profond vers le Père qui est le rocher à toute épreuvee paix. Pour le dire de façon plus directe, Marie s'efface d'elle-même de notre champ, en sorte que nous nous retrouvions, sans savoir comment, remis aux mains du Père qui est la sûreté même : "Nul n'a le pouvoir d'arracher quelque chose de la main du Père " (Jn 10, 29). Cette confiance éperdue anime Jésus, le bon berger, prêt à se déssaisir de sa vie pour ses brebis.

C'est au terme de l'épreuve du Samedi saint que Marie est pour nous la mère de la sainte espérance, parce qu'elle apu valider dans l'épreuve sa conviction que jésus, en donnant sa vie, a conduit avec puissance et douceur les brebis vers le Père. or ce qui a conforté l'espérance de Marie au creuset de l'obscurité et de la souffrance éprouvée, c'est d'accueilir en elle, dans la fidélité toute pure de son coeur, la présence de Jésus endormi dans le sommeil de la mort, et en même temps déjà vivifié par l'Esprit. C'est en se faisant mystiquement le lieu du repos de Jésus au terme du combat du Règne, que Marie laisse triompher en elle la joie de l'esprance. Pour préparer le don de la nouvelle naissance pascale par la puissance du Père dans l'Esprit, Marie reçoit de nouveau Jésus endormi en son sein, c'est-à-dire ici dans le foyer de son attente du don de Dieu. Et c'est ainsi que, pour nous aussi aujourd'hui, cet aujourd'hui de toutes nos morts humaines, Marie nous cache en son sein pour nous permettre de mieux discerner et accueillir les motions du Père, Dieu de la vie, dans l'Esprit...

 

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Le silence du samedi Saint : nous sommes unis au Père par Jésus.

19 Avril 2014, 15:46pm

Publié par Véronique

Sans même avoir beaucoup d'enseignement sur ce jour du samedi Saint, il est très probable que Dieu le Père mette en nous la grâce d'un silence désiré de sa part pour que nous soyons disponibles à contempler intérieurement la Passion de son Divin Fils vécue jusqu'au bout pour tous.

C'est un moment privilégié, tant désiré de Dieu, pendant lequel nous demeurons auprès de Jésus, vraiment tout près, nous rendant à l'évidence de la grandeur de son Amour pour nous, personnellement.

Nous sommes déjà dans les fruits des cérémonies du jeudi Saint, du vendredi Saint, et aussi par le chemin de Croix, pénétrant dans l'intimité de Jésus dans l'obéissance et l'amour infini pour le Père.

Voici Jésus au tombeau, après avoir été humilié, frappé, torturé, cloué... et dont pas une seule goutte de son Précieux Sang n'ai été perdue, et dont le bruit et  la puissance sur la croix de bois nous fait gagner l'éternité et la réconciliation avec le Père.

Le corps de Jésus, là, déposé dans un linceul aux secrets surnaturels et visibles de tous, a offert tout ce qu'il avait à offrir pour moi.

Son amour pour moi est vraiment grand pour ce qu'il a enduré.

"Ce ne sont pas les clous qui me retenaient à la Croix, c'est l'amour". Lorsque Jésus dit cela à sainte Catherine de Sienne, j'ai plus de facilité à comprendre que son amour pour moi est sans limite, et au combien je lui en suis reconnaissant(e).

Jésus est toujours près de moi, et, quand je Le laisse approcher de plus en plus devant moi, cet amour me pénètre petit à petit laissant deux êtres ne faire qu'un. Tout de Lui est en moi, mes colères s'atténuent, mon orgueil disparait, l'amour m'envahi au point de l'imiter sans difficulté puisqu'il occupe tous les espaces de mon être.

Les ténèbres ne l'ont point saisi (Jean 1, 5), comme elles ne peuvent me saisir quand Jésus est en moi.

La mort de Jésus sur la Croix est puissante, saisissante, glorieuse, sur toutes les ténèbres, et pas une seule ne pourra nous saisir car de par son Saint Sacrifice, Jésus nous unie avec le Père :

Jean 17, 9-25 (Bible de Jerusalem) :

9 C'est pour eux que je prie ; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, car ils sont à toi,10 et tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi, et je suis glorifié en eux.11 Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde-les dans ton nom que tu m'as donné, pour qu'ils soient un comme nous.12 Quand j'étais avec eux, je les gardais dans ton nom que tu m'as donné. J'ai veillé et aucun d'eux ne s'est perdu, sauf le fils de perdition, afin que l'Ecriture fût accomplie.13 Mais maintenant je viens vers toi et je parle ainsi dans le monde, afin qu'ils aient en eux-mêmes ma joie complète.14 Je leur ai donné ta parole et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.15 Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais.16 Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.17 Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité.18 Comme tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.19 Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu'ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité.20 Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi,21 afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé.22 Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un :23 moi en eux et toi en moi, afin qu'ils soient parfaits dans l'unité, et que le monde reconnaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé.24 Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu'ils contemplent ma gloire, que tu m'as donnée parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde.25 Père juste, le monde ne t'a pas connu, mais moi je t'ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m'as envoyé.26 Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux et moi en eux."

 

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Chemin de Croix - Paul Claudel

18 Avril 2014, 21:05pm

Publié par Véronique

Cet après-midi, en ce vendredi Saint, j'ai eu la grâce d'assister au chemin de Croix.

Le prêtre avait choisi celui de Paul Claudel.

Profond chemin de Croix que je vous laisse découvrir ou revivre, simplement par sa lecture et méditation, se dépouillant de tout pour être uniquement avec Jésus, bercé par la grâce divine que Dieu voudra bien nous accorder.

Véronique

 

 

Première station

Jésus est condamné à mort

C'est fini. Nous avons jugé Dieu et nous l'avons condamné à mort. Nous ne voulons plus de Jésus-Christ avec nous, car il nous gêne. Nous n'avons plus d'autre roi que César ! D’autre loi que le sang et l'or ! Crucifiez-le, si vous le voulez, mais débarrasser-nous de lui ! Qu'on l'emmène ! Tolle ! Tolle ! Tant pis ! Puisqu'il le faut, qu'on l'immole et qu'on nous donne Barabbas ! Pilate siège au lieu qui est appelé Gabbatha. "N'as-tu rien à dire ? " dit Pilate. Et Jésus ne répond pas. "Je ne trouve aucun mal en cet homme", dit Pilate, "mais bah ! Qu'il meure, puisque vous y tenez ! Je vous le donne. Ecce homo. " Le voici, la couronne en tête et la pourpre sur le dos. Une dernière fois vers nous ces yeux pleins de larmes et de sang ! Qu'y pouvons-nous ? Pas moyen de le garder avec nous plus longtemps. Comme il était un scandale pour les Juifs, il est parmi nous un non-sens. La sentence d'ailleurs est rendue, rien n'y manque, en langages hébraïque, grec et latin. Et l'on voit la foule qui crie et le juge qui se lave les mains.

 

Deuxième station

Jésus est chargé de la Croix

On lui rend ses vêtements et la croix lui est apportée. * Salut ", dit Jésus, " ô Croix que j'ai longtemps désirée !" Et toi, regarde, chrétien, et frémis ! Ah, quel instant solennel Que celui où le Christ pour la première fois accepte la Croix éternelle ! O consommation en ce jour de l'arbre dans le Paradis ! Regarde, pêcheur, et vois à quoi ton péché a servi. Plus de crime sans un Dieu dessus et plus de croix sans le Christ ! Certes le malheur de l'homme est grand, mais nous n'avons rien à dire, Car Dieu est maintenant dessus, qui est venu non pas expliquer, mais remplir. Jésus reçoit la Croix, comme nous recevons la Sainte Eucharistie : "Nous lui donnons du bois pour son pain", comme il est dit par le prophète Jérémie. Ah! Que la croix est longue, et qu'elle est énorme et difficile ! Qu'elle est dure! Qu’elle est rigide! Que c'est lourd, le poids du pêcheur inutile ! Que c'est long à porter pas à pas jusqu'à ce qu'on meure dessus! Est-ce vous qui allez porter cela tout seul Seigneur Jésus ? Rendez-moi patient à mon tour du bois que vous voulez que je supporte. Car il vous faut porter la croix avant que la croix nous porte.

 

Troisième station

Jésus tombe une première fois

En marche ! victime et bourreaux à la fois, tout s'ébranle vers le Calvaire. Dieu qu'on tire par le cou tout à coup chancelle et tombe à terre. Qu'en dites-vous, Seigneur, de cette première chute ? Et puisque maintenant vous savez, qu'en pensez-vous? Cette minute Où l'on tombe et où le fait mal chargé vous précipite ! Comment la trouvez-vous, cette terre que vous fîtes ? Ah ! Ce n'est pas la route du bien seulement qui est raboteuse. Celle du mal, elle aussi, est perfide et vertigineuse ! Il n'est pas que d'y aller tout droit, il faut s'instruire pierre à pierre, Et le pied y manque souvent, alors que le cœur persévère. Ah, Seigneur, par ces genoux sacrés, ces deux genoux qui vous ont fait faute à la fois, Par le haut-le-cœur soudain et la chute à l'entrée de l'horrible Voie, Par l'embûche qui a réussi, par la terre que vous avez apprise, Sauvez-nous du premier péché que l'on commet par surprise !

 

Quatrième station

Jésus rencontre sa très Saint Mère

O mères qui avez vu mourir le premier et l'unique enfant, Rappelez-vous cette nuit, la dernière, auprès du petit être gémissant, L'eau qu'on essaye de faire boire, la glace, le thermomètre, Et la mort qui vient peu à peu et qu'on ne peut plus méconnaître. Mettez-lui ses pauvres souliers, changer-le de linge et de brassière. Quelqu'un vient qui va me le prendre et le mettre dans la terre. Adieu, mon petit enfant ! Adieu, ô chair de ma chair ! La quatrième Station est Marie qui a tout accepté. Voici au coin de la rue qui attend le Trésor de toute Pauvreté. Ses yeux non point de pleurs, sa bouche n'a point de salive. Elle ne dit pas un mot et regarde Jésus qui arrive. Elle accepte. Elle accepte encore une fois. Le cri Est sévèrement réprimé dans le cœur fort et strict. Elle ne dit pas un mot et regarde Jésus-Christ. La Mère regarde son Fils, l'Église son Rédempteur, Son âme violemment va vers lui comme le cri du soldat qui meurt ! Elle se tient debout devant Dieu et lui offre son âme à lire. Il n'y a rien dans son cœur qui refuse ou qui retire, Pas un fibre de son cœur transpercé qui n'accepte et ne consente. Et comme Dieu lui-même qui est là, elle est présente. Elle accepte et regarde ce Fils qu'elle a conçu dans son sein. Elle ne dit pas un mot et regarde le Saint des Saints.

 

Cinquième station

Simon aide Jésus

L'instant vient où ça va plus et l'on ne peut plus avancer. C'est là que nous trouvons jointure et où vous permettez Qu'on nous emploie aussi, même de force, à votre Croix. Tel Simon le Cyrénéen qu'on attelle à ce morceau de bois. Il l'empoigne solidement et marche derrière Jésus, Afin que rien de la Croix ne traîne et ne soit perdu.

 

Sixième station

Véronique essuie le visage de Jésus

Tous les disciples ont fui, Pierre lui-même renie avec transport ! Une femme au plus épais de l'insulte et au centre de la mort Se jette et trouve Jésus et lui prend le visage entre les mains. Enseignez-nous, Véronique, à braver le respect humain. Car celui à qui Jésus-Christ n'est pas seulement une image, mais vrai, Aux autres hommes aussitôt devient désagréable et suspect. Son plan de vie est à l'envers, ses motifs ne sont plus les leurs. Il y a quelque chose en lui toujours qui échappe et qui est ailleurs. Un homme fait qui dit son chapelet et qui va impudemment à confesse, Qui fait maigre le vendredi et qu'on voit parmi les femmes à la messe, Cela fait rire et ça choque,, c'est drôle et c'est irritant aussi. Qu'il prenne garde à ce qu'il fait, car on a les yeux sur lui. Qu'il prenne garde à chacun de ses pas, car il est un signe. Car tout Chrétien de son Christ est l'image vraie quoiqu’indigne. Et le visage qu'il montre est le reflet trivial De cette Face de Dieu en son cœur, abominable et triomphal ! Laissez-nous la regarder encore une fois, Véronique, Sur le linge où vous l'avez recueillie, la face du Saint Viatique. Ce voile de lin pieux où Véronique a caché La face du Vendangeur au jour de son ébriété, Afin qu'éternellement son image s'y attachât, Qui est faite de son sang, de ses larmes et de nos crachats !

 

Septième station

Jésus tombe une deuxième fois

Ce n'est pas la pierre sous le pied, ni le licou Tiré trop fort, c'est l'âme qui fait défaut tout à coup. O milieu de notre vie! Ô chute que l'on fait spontanément ! Quand l'aimant n’a plus de pôle et la foi plus de firmament, Parce que la route est longue et parce que le terme est loin, Parce que l'on est tout seul et que la consolation n'est point ! Longueur du temps ! Dégout en secret qui s'accroît De l'injonction inflexible et de ce compagnon de bois ! C'est pourquoi on étend les deux bras à la fois comme quelqu’un qui nage ! Ce n'est plus sur le genou qu'on tombe, c'est sur le visage. Le corps tombe, il est vrai, et l'âme en même temps a consenti. Sauvez-nous de la Seconde chute que l'on fait volontairement par ennui.

 

Huitième station

Jésus console les filles d’Israël

Avant qu'il ne monte une dernière fois sur la montagne, Jésus lève le doigt et se tourne vers le peuple qui l'accompagne, Quelques pauvres femmes en pleurs avec leurs enfants dans les bras. Et nous, ne regardons pas seulement, écoutons Jésus car il est là. Ce n'est pas un homme qui lève le doigt au milieu de cette pauvre enluminure, C'est Dieu qui pour notre salut n'a pas souffert seulement en peinture. Ainsi cet homme était le Dieu Tout-Puissant, il est donc vrai ! Il est un jour où Dieu a souffert cela pour nous, en effet ! Quel est-il donc, le danger dont nous avons été rachetés à un tel prix ? Le salut de l'homme est-il si simple affaire que le Fils Pour l'accomplir est obligé de s'arracher du sein du Père. S'il va ainsi du Paradis, qu'est-ce donc que l'Enfer ? Que fera-t-on du bois mort, si l’on fait ainsi du bois vert ?

 

Neuvième station

Jésus tombe une troisième fois

"Je suis tombé encore, et cette fois, c'est la fin. Je voudrais me relever qu'il n'y a pas moyen. Car on m'a pressé comme un fruit et l'homme que j'ai sur le dos est trop lourd. J'ai fait le mal, et l'homme mort avec moi est trop lourd ! Mourons donc, car il est plus doux d'être à plat ventre que debout, Moins dur de vivre que de mourir, et sur la croix que dessous. " Sauvez-nous du Troisième péché qui est le désespoir ! Rien n'est encore perdu tant qu'il reste la mort à boire ! Et j'en ai fini de ce bois, mais il me reste le fer ! Jésus tombe une troisième fois, mais c'est au sommet du Calvaire.

 

Dixième station

Jésus est dépouillé de ses vêtements

Voici l'aire où le grain de froment céleste est égrugé. Le Père est nu, le voile du Tabernacle est arraché. La main est portée sur Dieu, la Chair de la Chair tressaille, L'univers, en sa source atteint, frémit jusqu'au fond de ses entrailles ! Nous, puisqu'ils ont pris la tunique et la robe sans couture, Levons les yeux et osons regarder Jésus tout pur. Ils ne vous ont rien laissé, Seigneur, ils ont tout pris, La vêture qui tient à la chair, comme aujourd'hui On arrache sa coule au moine et son voile à la vierge consacrée. On a tout pris, il ne lui reste plus rien pour se cacher. Il n'a plus aucune défense, il est nu comme un ver, Il est livré à tous les homme et découvert. Quoi, c'est là votre Jésus ! Il fait rire. Il est plein de coups et d'immondices. Il relève des aliénistes et de la police. Tauri pingues obsederunt me. Libera me, Domine, de ore canis. Il n'est pas le Christ. Il n'est pas le Fils de l'Homme. Il n'est pas Dieu. Son évangile est menteur et son Père n'est pas aux cieux. C'est un fou ! C'est un imposteur ! Qu'il parle ! Qu'il se taise ! Le valet d'Anne le soufflette et Renan le baise. Ils ont tout pris. Mais il reste le sang écarlate. Ils ont tout pris. Mais il reste la plaie qui éclate ! Dieu est caché. Mais il reste l'homme de douleur. Dieu est caché. Il reste mon frère qui pleure ! Par votre humiliation, Seigneur, par votre honte. Ayez pitié des vaincus, du faible que le fort surmonte ! Par l'horreur de ce dernier vêtement qu'on vous retire, Ayez pitié de tous ceux qu'on déchire ! De l'enfant opéré trois fois que les médecins encouragent, Et du pauvre blessé dont on renouvelle les bandages, De l'époux humilié, du fils près de sa mère qui meurt, Et de ce terrible amour qu'il faut nous arracher du cœur !

 

Onzième station

Jésus est cloué sur la Croix

Voici que Dieu n'est plus avec nous. Il est par terre. La meute en tas l'a pris à la gorge comme un cerf. Vous êtes donc venu! Vous êtes vraiment avec nous, Seigneur ! On s'est assis sur vous, on vous tient le genou sur le cœur. Cette main que le bourreau tort, c'est la droite du Tout-Puissant. On a lié l'Agneau par les pieds, on attache l'Omniprésent. On marque à la craie sur la croix sa hauteur et son envergure. Et quand il va goûter de nos clous, nous allons voir sa figure. Fils Éternel, dont la borne est votre seule Infinité, La voici donc avec nous, cette place étroite que vous avez convoitée ! Voici Elie sur la mort qui se couche de son long, Voici le trône de David et la gloire de Salomon, Voici le lit de notre amour avec Vous, puissant et dur ! Il est difficile à un Dieu de se faire à notre mesure. On tire et le corps à demi disloqué craque et crie, Il est bandé comme un pressoir, il est affreusement équarri. Afin que le Prophète soit justifié qui l'a prédit en ces mot: " Ils ont percé mes mains et mes pieds. Ils ont énuméré tous mes os. " Vous êtes pris, Seigneur, et ne pouvez plus échapper. Vous êtes cloué sur la croix par les mains et par les pieds. Je n'ai plus rien à chercher avec l'hérétique et fou. Ce Dieu est assez pour moi qui tient entre quatre clous.

 

Douzième station

Jésus meurt sur la Croix

Il souffrait tout à l'heure, c'est vrai, mais maintenant il va mourir. La Grande Croix dans la nuit faiblement remue avec le Dieu qui respire. Tout y est. Il n'y a plus qu'à laisser faire l'Instrument. Qui du joint de la double nature inépuisablement De la source du corps et de l'âme et de l'hypostase, exprime et tire Toute la possibilité qui est en lui de souffrir. Il est tout seul comme Adam quand il était seul dans l'Eden, Il est pour trois heures seul et savoure le Vin, L'ignorance invincible de l'homme dans le retrait de Dieu ! Notre hôte est appesanti et son front fléchit peu à peu. Il ne voit plus sa Mère et son Père l'abandonne. Il savoure la coupe et la mort lentement qui l'empoisonne. N'en avez-vous donc pas assez de ce vin aigre et mêlé d'eau, Pour que Vous Vous redressiez tout-à-coup et criiez: Silio ? Vous avez soif, Seigneur? Est-ce à moi que Vous parlez ? Est-ce moi dont Vous avez besoin encore et de mes péchés ? Est-ce moi qui manque avant que tout soit consommé ?

 

Treizième station

Jésus est descendu de la Croix

Ici la Passion prend fin et la Compassion continue. Le Christ n'est plus sur la Croix, il est avec Marie qui l'a reçu : Comme elle l'accepta, promis, elle le reçoit, consommé. Le Christ qui a souffert aux yeux de tous de nouveau au sein de sa Mère est caché. L'Église entre ses bras à jamais prend charge de son bien-aimé. Ce qui est de Dieu, et ce qui est de la Mère, et ce que l'homme a fait, Tout cela sous son manteau est avec elle à jamais. Elle l'a pris, elle voit, elle touche, elle prie, elle pleure, elle admire ; Elle est le suaire et l'onguent, elle est le sépulture et la myrrhe, Elle est le prêtre et l'autel et le vase et le Cénacle. Ici finit la Croix et commence le Tabernacle.

 

Quatorzième station

Jésus est mis au tombeau

Le tombeau où le Christ qui est mort ayant souffert est mis, Le trou à la hâte descellé pour qu'il donne sa nuit, Avant que le transpercé ressuscite et monte au Père, Ce n'est pas seulement ce sépulcre neuf, c'est ma chair, C'est l'homme, votre créature, qui est plus profond que la terre ! Maintenant que son cœur est ouvert et maintenant que ses mains sont percées, Il n'est plus de croix avec nous où la plaie ne corresponde ! Venez donc de l'autel où vous êtes caché vers nous, Sauveur du monde ! Seigneur, que votre créature est ouverte et qu'elle est profonde !

 

Chemin de Croix - Paul Claudel

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Jours Saints - Semaine Sainte

18 Avril 2014, 20:06pm

Publié par Véronique

Plusieurs jours d'absence, non par manque de temps, mais par une grande fatigue persistante depuis plusieurs semaines.

Le blog est donc moins alimenté. Je m'en excuse.

Peut-être est-ce aussi bien, notamment pour un temps permettant à une pause sérieuse et chargée de grâces, invitant à un coeur à coeur plus profond avec Jésus, durant cette semaine Sainte.

On la vit donc plus dans l'écoute du silence de Dieu, étant attentif au moindre souffle d'amour qui, durant cette semaine Sainte, nous offre notre vie éternelle.

Sommes-nous vraiment conscients de ce que Jésus a fait pour nous ?

Avons-nous à coeur chaque enseignement de chaque journée de cette semaine toute à fait spéciale ?

Aimons-nous rester tout près de Jésus jusqu'au tombeau, pour L'accompagner et contempler son immense amour pour chacun de nous ?

Posons-nous les gestes et les paroles d'amour envers notre prochain, en imitant l'Amour qu'est Jésus ?

Buvons-nous chaque geste et chaque parole de Jésus durant sa Passion d'Amour ?

Voyons-nous la tristesse de cette semaine et sa profondeur ?

Pouvons-nous nous arrêtez un instant durant ces jours Saints pour aimer Jésus, tout simplement ? Lui témoigner un peu plus notre reconnaissance ? Lui offrant à notre tour un moment, même petit, de notre vie ? Mais poser un instant notre coeur dans le sien.

Être à côté de Jésus, le contempler, L'aimer, compatir à ses souffrances, L'adorer, Lui témoigner notre reconnaissance et notre amour, tout en tenant la main de Marie pour sécher ses larmes et pour qu'elle nous remplisse de son amour pour Dieu le Père.

Que Dieu nous aide à vivre cette Sainte semaine selon ses désirs et non les nôtres.

Véronique

 

Site du Vatican - Semaine Sainte :

http://www.vatican.va/holy_father/francesco/calendar/papa-francesco_calendario_fr.html

 

Site KTO - tous les programmes de la semaine Sainte :

http://www.ktotv.com/cms/careme-2014#semaine-sainte

 

Catégorie "Semaine Sainte - Pâques" sur ce blog :

http://le.blog.de.lala.over-blog.com/tag/CÂREME%20-%20SEMAINE%20SAINTE%20ET%20PÂQUES/

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"L'amitié, un don divin !" - Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine

11 Avril 2014, 20:29pm

Publié par Véronique

Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ selon saint Jn XI, 1-45

Un homme était tombé malade. C"était Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe. (Marie est celle qui versa du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. Lazare, le malade, était son frère.) Donc, les deux soeurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa soeur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura pourtant deux jours à l'endroit où il se trouvait ; alors seulement il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas ? » Jésus répondit : « Ne fait-il pas jour pendant douze heures ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu'il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n'est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s'est endormi ; mais je m'en vais le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s'il s'est endormi, il sera sauvé. » Car ils pensaient que Jésus voulait parler du sommeil, tandis qu'il parlait de la mort. Alors il leur dit clairement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n'avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) dit aux autres disciples : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui ! » Quand Jésus arriva, il trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem - à une demi-heure de marche environ - beaucoup de Juifs étaient venus manifester leur sympathie à Marthe et à Marie, dans leur deuil. Lorsque Marthe apprit l'arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. Mais je sais que, maintenant encore, Dieu t'accordera tout ce que tu lui demanderas. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu'il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. » Ayant dit cela, elle s'en alla appeler sa soeur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t'appelle. » Marie, dès qu'elle l'entendit, se leva aussitôt et partit rejoindre Jésus. Il n'était pas encore entré dans le village ; il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe l'avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie, et lui manifestaient leur sympathie, quand ils la virent se lever et sortir si vite, la suivirent, pensant qu'elle allait au tombeau pour y pleurer. Elle arriva à l'endroit où se trouvait Jésus ; dès qu'elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu'elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus fut bouleversé d'une émotion profonde. Il demanda : « Où l'avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Viens voir, Seigneur. » Alors Jésus pleura. Les Juifs se dirent : « Voyez comme il l'aimait ! » Mais certains d'entre eux disaient : « Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Jésus, repris par l'émotion, arriva au tombeau. C'était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la soeur du mort, lui dit : « Mais, Seigneur, il sent déjà ; voilà quatre jours qu'il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l'ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m'as exaucé. Je savais bien, moi, que tu m'exauces toujours ; mais si j'ai parlé, c'est pour cette foule qui est autour de moi, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé. » Après cela, il cria d'une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains attachés, le visage enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Les nombreux Juifs, qui étaient venus entourer Marie et avaient donc vu ce que faisait Jésus, crurent en lui.

La prédication du Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine

Télécharger la prédication

 

Source : http://www.delamoureneclats.fr/#!/ses-predications/2013-2014/2014-04-06/jour/

 

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