Saint Curé d'Ars
Saint Curé d'Ars
Saint Curé d'Ars
"M. le curé, pourquoi donc, quand vous priez, vous entend-on à peine alors que, quand vous prêchez, vous parlez si fort ?"
- C'est que, quand je prêche, je parle souvent à des sourds ou à des gens qui dorment, mais quand je prie, j'ai affaire au Bon Dieu et le Bon Dieu n'est pas sourd !"
L’éclat de la rose et le parfum de la petite violette
Longtemps je me suis demandé pourquoi le bon Dieu avait des préférences, pourquoi toutes les âmes ne recevaient pas un égal degré de grâces, je m'étonnais en le voyant prodiguer
des faveurs extraordinaires aux saints qui l'avaient offensés, comme saint Paul, saint Augustin et qu'il forçait pour ainsi dire à recevoir ses grâces ; ou bien en lisant la vie des saints que
Notre-Seigneur s'est plu à caresser du berceau à la tombe, sans laisser sur leur passage aucun obstacle qui les empêchât de s'élever vers lui et prévenant ces âmes de telles faveurs qu'elles ne
pouvaient ternir l'éclat immaculé de leur robe baptismale, je me demandais pourquoi les pauvres sauvages, par exemple, mouraient en grand nombre avant d'avoir même entendu prononcé le nom de
Dieu... Jésus a daigné m'instruire de ce mystère. Il a mis devant mes yeux le livre de la nature et j'ai compris que toutes les fleurs qu'Il a créées sont belles, que l'éclat de la rose et la
blancheur du lys n'enlèvent pas le parfum de la petite violette ou la simplicité ravissante de la pâquerette... J'ai compris que si toutes les petites fleurs voulaient être des roses, la nature
perdrait sa parure printanière, les champs ne seraient plus émaillés de fleurettes...(...)
J'ai compris encore que l'amour de Notre-Seigneur se révèle aussi bien dans l'âme la plus simple qui ne résiste en rien à sa grâce que dans l'âme la plus sublime. (...)
De même que le soleil éclaire en même temps les cèdres et chaque petite fleur comme si elle était seule sur la terre, de même Notre-Seigneur s'occupe aussi particulièrement de chaque âme que si
elle n'avait pas de semblables ; et comme dans la nature les saisons sont arrangées de manière à faire éclore au jour marqué la plus humble pâquerette, de même tout correspond au bien de chaque
âme.
p.20-22
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus
Manuscrits autobiographiques
Office central de Lisieux (coll. Livre de Vie n° 8), 1995.
S’ENGAGER DANS UNE VIE DE PRIERE : POURQUOI ?
Edith Stein, philosophe juive allemande et disciple de Husserl, est entrée en 1933 au Carmel de Cologne, dans le contexte brûlant d’une Allemagne où
le nazisme s’impose. Elle prend au Carmel le nom de Thérèse-Bénédicte de la Croix, creusant là le mystère de la Croix, dans un lien très fort avec son peuple (le peuple juif et le peuple
allemand). Elle s’était convertie en 1921 en lisant la « Vie » de Sainte Thérèse d’Avila. En 1933, sa décision, longtemps mûrie, d’entrer au Carmel est sa réponse à la montée en puissance
du nazisme, dont elle entrevoit très tôt les conséquences dramatiques. Arrêtée en 1942 au Carmel d’Echt en Hollande, elle meurt le 9 août à Auschwitz. Elle a été canonisée en 1998.
Dans le texte qui suit, Edith Stein fait une synthèse des courants qui agitaient alors l’Eglise allemande, l’un insistant sur la prière intérieure (« subjective ») et l’autre insistant sur la
prière ecclésiale et les formes traditionnelles (« objective »). Elle laisse surtout transparaître ce qui constitue le cœur de son engagement au Carmel, dans une vie de prière.
En préparation du dimanche 25 janvier où les Sœurs Adeline et Marie-Hélène vont s’engager (à l’église St-Ignace) en faisant profession perpétuelle au Carmel St Joseph, cette parole est
bienvenue.
Qu’est-ce qui donna donc à sainte Thérèse d’Avila, qui consacra à la prière des décennies de sa vie dans la cellule d’un monastère, le désir ardent d’œuvrer pour la cause de
l’Eglise et la lucidité pour discerner la détresse et les besoins de son temps ? Précisément le fait qu’elle vivait dans la prière, qu’elle se laissait toujours plus profondément attirer par le
Seigneur à l’intérieur du «château » de son âme. C’est pourquoi elle ne put faire autrement que de « brûler d’un zèle ardent pour le Seigneur Sabaoth » (paroles de notre saint père Elie qui ont
été retenues comme devise sur le blason de notre ordre).
Dans le secret et le silence s’accomplit l’œuvre de la Rédemption. Dans le silencieux dialogue du cœur avec Dieu, les pierres vivantes sont préparées pour édifier le Royaume de Dieu, les
instruments sont forgés pour servir à la construction. Le fleuve mystique, qui perdure à travers tous les siècles, n’est pas un bras isolé et secondaire, qui se serait séparé de la vie de prière
de l’Eglise, il est sa vie la plus intime. Lorsqu’il lui arrive de faire éclater les formes traditionnelles, c’est parce que l’Esprit vit en lui, cet Esprit qui souffle où il veut : lui qui a
suscité toutes les formes traditionnelles et doit toujours en susciter de nouvelles. Sans lui, il n’y aurait ni liturgie ni Eglise.
L’âme du psalmiste n’était-elle pas une harpe dont les cordes vibraient et chantaient au moindre souffle de l’Esprit Saint ? L’hymne de joie du Magnificat a jailli du cœur débordant de la Vierge comblée de la grâce divine. Les lèvres du vieux prêtre devenu muet s’ouvrirent pour entonner le chant prophétique du Benedictus lorsque la parole obscure de l’ange devint réalité visible. Ce qui est monté un jour d’un cœur comblé par l’Esprit et a trouvé son expression en paroles et en musique se transmet et demeure sur les lèvres. C’est bien l’office divin de veiller à ce qu’il continue de résonner de génération en génération. C’est ainsi que le fleuve mystique forme ce chant polyphonique qui va s’amplifiant sans cesse, louange au Dieu Trinité, à Celui qui crée, qui sauve, qui mène tout à l’achèvement. Il n’est donc pas question de concevoir la prière intérieure, libre de toutes formes traditionnelles, comme la piété « subjective », et de l’opposer à la liturgie qui serait la prière «objective » de l’Eglise.
Toute prière véritable est prière de l’Eglise : à travers toute prière véritable, il se passe quelque chose dans l’Eglise et c’est l’Eglise elle-même qui la prie car c’est l’Esprit Saint vivant en elle qui, en chaque âme unique, «intervient pour nous par des cris inexprimables ». Voilà justement la prière « véritable » : car « sans le Saint Esprit, personne n’est capable de dire : ‘Jésus est le Seigneur’ ». Que serait la prière de l’Eglise si elle n’était l’offrande de ceux qui, brûlant d’un grand amour, se donnent au Dieu qui est amour ?
Edith Stein
« La prière de l’Eglise », 1936,
Source cachée,
Ed. Cerf / Ad Solem, 1998
SOURCE
L'UNIQUE AMOUR
Le Seigneur ne demande de nous que deux choses : l’amour de Dieu et l’amour du prochain, voilà ce à quoi nous devons travailler. En les observant avec perfection nous faisons sa volonté et nous serons ainsi unis à lui, mais je le répète : que nous sommes loin d’observer pour Dieu ces deux amours ! Plaise à sa Majesté de nous faire la grâce de mériter arriver à cet état, il est à portée de main, si nous le voulons.
Le signe le plus sûr, à mon sens, que nous avons ces deux amours, est la fidélité que nous montrons à garder l’amour du prochain. Car on ne peut savoir si nous aimons Dieu, bien que nous en ayons des indices probants, mais, pour l’amour du prochain, nous pouvons savoir ce qu’il en est.
Soyez sûres que, plus vous progresserez en celui-ci, plus vous serez avancées en l’amour de Dieu. Car l’amour que sa Majesté a pour nous est si grand, qu’en retour de celui que nous avons pour le prochain, il fait grandir de mille manières celui que nous avons pour lui, je ne puis en douter.
Quand je vois ce qui arrive à certaines âmes, très occupées à voir où elles en sont de leur oraison, si encapuchonnées en priant qu’elles semblent ne pas oser bouger, ni en détourner leur pensée de peur de perdre un petit peu du plaisir qu’elles y ressentaient, cela prouve combien peu elles comprennent le chemin qui mène à l’union avec Dieu. Elles pensent que là est toute l’affaire, non, mes sœurs, non. Le Seigneur veut des actes. Si tu vois une malade à qui tu puisses donner quelque soulagement, cela ne fait rien de laisser cette dévotion pour l’aider. Si elle souffre, que cela soit ta souffrance ; si cela était nécessaire, jeûne pour qu’elle ait de quoi manger. Ceci non seulement pour elle, mais aussi parce que tu sais que le Seigneur le désire. Telle est la véritable union avec sa volonté ; de même si tu vois louer quelqu’un grandement, réjouis-toi plus que si on te louait toi-même. Ceci est facile en vérité, car si l’humilité existe, elle aura peine à se voir louer.
Demandez à notre Seigneur de vous donner ce parfait amour du prochain et laissez faire sa Majesté, elle vous donnera plus que vous ne sauriez désirer.
Sainte Thérèse d’Avila,
Docteur de l’Eglise.
Le château intérieur, ch III
Thérèse naquit en 1515 à Avila (Espagne).
Elle travailla à la réforme du Carmel avec Jean de la Croix.
Ses écrits sont d’une force spirituelle toujours actuelle.
Elle s’adresse ici à ses Sœurs du Carmel.
Le bon Dieu est aussi prompt à nous accorder notre pardon, quand nous le lui demandons, qu'une mère est prompte à retirer son enfant du
feu.
Saint Curé d'Ars
"Le seul bonheur que nous ayons sur la terre, c'est d'aimer Dieu et de savoir que Dieu nous aime."
"La croix est le don que Dieu a fait à ses amis."
"La grâce de Dieu nous aide à marcher et nous soutient. Elle nous est nécessaire comme les béquilles à ceux qui ont mal aux jambes."
"L'âme pure est une belle rose, et les trois personnes divines descendent du ciel pour en respirer le parfum."
"Quand vous n'avez pas l'amour de Dieu, vous êtes bien pauvres. Vous êtes comme un arbre sans fleurs et sans fruits."
"Lorsque vous voyez un prêtre, vous devez dire : "Voilà celui qui m'a rendu enfant de Dieu et m'a ouvert le ciel par le saint baptême, celui qui m'a purifié après mon péché, celui qui donne la
nourriture à mon âme..."
extase de Marie-Julie JAHENNY le 26 novembre 1877
Ma bonne Mère me conduit au trône de Jésus. Sainte Geneviève est à genoux sur les marches du trône.
"Ma victime, dit Jésus, voici ton humble soeur, Sainte Geneviève. Je lui ai attribué le don des miracles : elle en a fait des biens grands. Elle a sauvé cette ville ingrate qui, aujourd'hui, est menacée de grands fléaux.
- Pardon pour elle, ô mon Dieu !
- Je donnerai à Saint Geneviève de faire un nouveau miracle, mais ce sera après bien des épreuves et bien des victimes, après l' accomplissement de mes justes châtiments.
Que de fois les pavés de cette ville ont été arrosés du sang des chrétiens ! Les ruisseaux couleront encore... Du sang, ses pavés seront encore rougis ! C'est sur une ville ingrate que s'est arrêté le poids de mon juste châtiment.
Ma victime, Sainte Geneviève, subira le déchaînement des barbares et des impies. Elle souffrira de leurs sacrilèges ; pas elle, mais sa statue. leurs mains se porteront sur elle, mais sa voix sortira vivante de sa statue plantée au milieu de la ville. A ce moment, je ferai un miracle qui ouvrira les yeux".
" La vertu passe du coeur des mères dans le coeur des enfants qui font volontiers ce qu'ils voient faire "
" L'âme ne peut se nourrir que de Dieu ! Il n'y a que Dieu qui lui suffise ! Il n'y a que Dieu qui puisse la remplir ! Il n'y a que Dieu qui puisse rassasier sa faim. "
" On n'a pas besoin de tant parler pour bien prier. On sait que le Bon Dieu est là, dans le Saint Tabernacle ; on lui ouvre son coeur ; on se complaît en sa sainte présence. C'est la meilleure prière, celle-là. "
" N'est-ce pas une vraie folie que de pouvoir goûter dès cette vie, des jours du Ciel, en s'unissant à Dieu par l'amour ? "
" Le martyre n'est rien à comparaison de la messe : c'est le sacrifice que l'homme fait à Dieu de sa vie : la messe est le sacrifice que Dieu fait pour l'homme de son corps et de son sang. "
" Ô que l'homme a une belle destinée ! Voir Dieu, l'aimer, le bénir, le contempler pendant toute l'éternité ! "
" Nous ne devrions pas plus perdre la présence de Dieu que nous ne perdons la respiration. "
" ëtre aimé de Dieu, être uni à Dieu... Vivre en la présence de Dieu, vivre pour Dieu : ô belle vie... et belle mort... Tout sous les yeux de Dieu, tout avec Dieu, tout pour plaire à Dieu... oh ! que c'est beau ! "
" Mon secret est bien simple, c'est de tout donner et de ne rien garder. "




