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Le.blog.catholique.de.Véronique (Blog personnel)

Le grand miracle ou la messe vue du ciel - Sortie au cinéma le 22.03.2017

22 Mars 2017, 17:33pm

Publié par Véronique

EXCLUSIF MAG – Le Grand Miracle est une réalisation totalement inédite au cinéma : un dessin animé 3D qui raconte une messe vue de l’intérieur, c’est-à-dire éclairée par les anges. Le Père Alain de Boudemange commente certains aspects remarquables du film.

Ce dessin animé parle des anges gardiens, des âmes du purgatoire et des démons, autant de sujets plus très à la mode ! Vous, qui avez réalisé un dossier pédagogique pour la vision en groupe de ce film, diriez-vous qu’il est catholique ?

Certainement ! Il est d’une très grande richesse théologique. Dans le détail de la mise en scène, certains points pourraient être discutés, mais il est entièrement fondé sur l’enseignement habituel de l’Église. Il entremêle un grand nombre de thèmes dont certains peuvent être des sujets sensibles, non pas tant parce qu’ils feraient l’objet de discussions théologiques que parce qu’ils toucheraient à la sensibilité des spectateurs, en particulier des enfants.

 

D’où vient ce qui est dit dans le film ?

Une part importante de la matière du film s’appuie sur des relations mystiques, illustrées par ces affirmations du jeune garçon/ange, au début du film : « Maintenant, vous pourrez voir les choses très clairement. » Les mystiques voient une part de la réalité qui nous échappe. Dans Le Grand Miracle, la modalité d’expression est celle de la révélation privée, à laquelle nous ne sommes pas tenus d’adhérer. En revanche, le contenu exprimé est de l’ordre de la tradition de l’Église.

Le film fait une grande place au surnaturel.

Oui, avec notamment l’apparition des anges gardiens, des anges et des démons, la vision des âmes du purgatoire ou du paradis… La tradition catholique est constante sur ces deux points : d’une part le surnaturel fait partie de la vie de l’Église, mais d’autre part les manifestations surnaturelles ne doivent pas être recherchées. Elles ne constituent pas en soi un signe particulier de sainteté. On en dira autant pour les charismes, dont on voit deux manifestations dans le film : la maman et le chauffeur de bus « touchés » directement par la parole de Dieu, et le chauffeur qui reçoit le don des larmes.

Que penser de la figure des anges et des démons ?

C’est un aspect marquant du film : l’omniprésence des anges et l’apparition ponctuelle des démons. Les anges jouent un rôle d’intermédiaire entre Dieu et l’homme. Pourquoi ce besoin d’un messager ? Il y a, derrière, la question de la sainteté de Dieu, qui est au-delà de tout, ni dans le temps, ni dans l’espace. Imaginer un Dieu qui se place sur le même plan que l’homme reviendrait finalement à en faire une idole.

Le film montre aussi les anges gardiens

L’ange gardien personnifie l’attention personnelle de Dieu à chaque homme. Il s’intéresse aux joies et aux peines de chacun. Il illustre parfaitement cette sollicitude spécifique de Dieu. À la fin du film, Diego prie une simple prière à son ange. La prière à l’ange gardien est une pratique très peu répandue aujourd’hui, alors que c’était une belle habitude de nos grands-parents. Peut-être à retrouver !

Que dire des démons ?

Les démons ont un pouvoir limité. Ils peuvent essentiellement adresser aux hommes des suggestions, mais ils ne touchent pas les personnes. Ils disparaissent à l’apparition de la Vierge. La description des démons sous la forme de bêtes immondes est conforme à la tradition des mystiques, qui disent l’horreur que leur inspire leur vue.

D’une manière significative, Le Grand Miracle met en scène un très grand déséquilibre entre les anges et les démons. Les démons n’apparaissent que pendant un moment limité du film alors que les anges apparaissent en continu. Les démons ne parlent quasiment pas et ont une action très limitée, au contraire des anges.

On voit aussi esquissé le combat spirituel.

Le Grand Miracle met en scène certains aspects essentiels de ce combat : le démon se cache ; et il distrait. Sa première « tactique » est de faire croire qu’il n’existe pas. La manière dont le film est monté a pour but (cinématographique) de « montrer » ce qui habituellement est invisible. Lorsque quelqu’un s’approche du confessionnal ou cherche à faire le bien, il vit, de manière tout à fait invisible, ce combat intérieur.

Le film insiste surtout sur l’effort des démons pour distraire les pénitents. Ils sont distraits par les chaussures ou la tenue de la femme qui sort du confessionnal. Le jeune homme est distrait par son téléphone. Les démons cherchent à distraire par le regard. L’ange, au contraire, met en garde contre la distraction. Le combat spirituel, pour une bonne part, est un combat contre la distraction.

Cette vision de la foi n’est-elle pas décourageante ?

Non, le film inverse la perspective. Le combat spirituel ne doit pas nous faire peur. Et les démons hideux qui sont présentés dans le film ne sont pas effrayants comme ils pourraient l’être ! Au contraire, ils sont clairement présentés avec un pouvoir de nuisance limité. Le film permet de mettre des mots ou des images sur une réalité qui est vécue dans tout chemin chrétien. Il est ainsi un encouragement à identifier ce combat spirituel dans notre vie et à ne pas nous laisser distraire par ce qui pourrait nous détourner de vivre jusqu’au bout ce combat.

La vision de l’au-delà n’est-elle pas un peu kitsch ?

Il faut relever plutôt qu’elle est traditionnelle ! Une partie du film fait référence au paradis et au purgatoire. Mais pas à l’enfer parce que la perspective est celle des trois états de l’Église : militante (sur terre), souffrante (au purgatoire) et triomphante (au paradis). Immédiatement après le Sanctus, apparaissent auprès des anges les âmes du paradis. Monica voit son défunt mari participant à cette vie divine. Immédiatement après, elle voit les âmes du purgatoire.

Le purgatoire est un état intermédiaire mais ce n’est pas un état dans lequel l’enfer serait encore possible. La personne vit le regret pour ses fautes qu’elle a négligé pendant sa vie terrestre et se prépare à vivre la vie de Dieu. L’ange donne l’explication : « Les âmes du purgatoire prient pour vous, car elles ne peuvent pas prier pour elles-mêmes… Elles ont besoin de votre prière. » L’habitude de faire célébrer des messes pour les âmes du purgatoire est une belle habitude, souvent oubliée dans le contexte occidental actuel.

Quant à l’enfer, il n’est pas traité dans Le Grand Miracle. Il faut rappeler qu’il existe, qu’il est le refus conscient et définitif de l’amour de Dieu.

Le film traite encore de nombreux thèmes dans ses dessins, notamment le mystère de la messe, le sacerdoce du prêtre, ministériel, et celui des fidèles, la dévotion à Marie. C’est tout un catéchisme.

Les anges n’ont-ils pas le rôle principal dans le film ?

La mise en scène des anges peut nous paraître surprenante, mais ce n’est le point central ni de la foi chrétienne ni du Grand Miracle. Les anges dans le film, comme dans notre existence, nous orientent vers le mystère de Dieu.

Quel est alors le message du film ?

Les anges demandent aux personnages d’être des témoins : « Ouvrez bien les yeux. » Ils ont été eux-mêmes comme les témoins qui ont permis à Don Chema et à Monica de prendre conscience de l’invisible présent autour d’eux. Leur expérience, loin d’être cantonnée dans le catalogue des révélations mystiques exceptionnelles, a pour vocation d’apporter un surcroît de foi ou de réconfort bien au-delà de la personne qui la reçoit. C’est sans doute la fonction du Grand Miracle d’être une invitation à accueillir et à transmettre à notre tour, et à notre manière, ce témoignage. 

Édouard Huber

Source

Le détail des séances : ici

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