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Le.blog.catholique.de.Véronique (Blog personnel)

Les limites du devoir de l'hospitalité - Père Henri Boulad

24 Novembre 2016, 16:39pm

Publié par Véronique

Gn 18, 1-10 - Col 1, 24-28 - Lc 10, 38-42
Homélie du Père Henri Boulad
Eglise des Jésuites

Texte exhaustif pour les malentendants et les personnes qui manquent de temps pour écouter cette vidéo

Vous êtes en train de dîner le soir en famille. On frappe à la porte, vous ouvrez, un inconnu se présente. Il vous dit :

- "Est-ce que vous avez quelque chose à manger, j'ai faim ?".

Alors... "Entre donc, tu vas partager notre repas."

IL s'installe, vous l'accueillez gentiment. A la fin du repas il vous dit :

- "Vous savez, j'ai raté mon train, est-ce que vous n'auriez pas un lit pour passer la nuit ?".

Alors, les parents se regardent dans les yeux, ils disent :

- "Bon, on va faire que les enfants quittent leur chambre, on va les mettre quelque part, on va ouvrir le salon, et on va ouvrir à ce bonhomme la chambre des enfants."

Le lendemain matin, le petit déjeuner :

- "Alors, quels sont vos plans pour aujourd'hui ?"

- "J'ai décidé de passer la journée avec vous".

- "C'est gentil ça".

Alors, petit déjeuner, déjeuner, le soir il dit : "J'ai des problèmes de logement, est-ce que ce soir je peux passer une deuxième nuit ?"

- "Bon, tu es le bienvenu."

Et le troisième jour il dit : "Vous savez j'ai une femme et quelques enfants aussi. Ils sont un peu dans la difficulté, est-ce que je pourrai les amener ?"

On lui dit : "Alors là, c'est vraiment gentil de nous dire tout ça, mais nous, plus que ça on ne peut pas."

Cette petite histoire évoque ce qui  se passe en Europe aujourd'hui. L'Europe est un pays d'accueil, elle l'a prouvé, elle l'a montré. L'Europe, le Canada, les Etats-Unis, l'Occident en général, ont comme principe d'ouvrir les portes à l'étranger, comme nous venons de le chanter tout à l'heure au début de cette messe : "Ouvre ton cœur à l'étranger, ouvre tes portes à l'étranger", ça c'est l'évangile. C'est passé dans cette Europe qu'on dit athée ou incroyante, mais elle a assimilé cette vertu.

Mais, où s'arrête l'hospitalité ? Où s'arrête le devoir de l'hospitalité ?

Vous allez me dire qu'il y a des limites. Bien sûr il y a des limites. La priorité est à ma famille, est à mes enfants, est à ma femme. Oui, je peux ouvrir ma porte pour un dîner, même pour une nuit, même pour une deuxième journée, mais s'il va m'amener sa femme et ses enfants, et s'incruster chez moi, je vais lui dire : "Non." Et si il me menace en disant : "Je resterai, et si vous ne m'accueillez pas vous verrez...", alors qu'est-ce que je fais ?

SI je continue à lui dire : "Ah bon d'accord, on va tous déménager pour te laisser la place", eh bien c'est que je suis un imbécile, voilà ! Je suis un imbécile ! Cela ne s'appelle plus de la charité, ça ne s'appelle plus de l'hospitalité, ça s'appelle de la bêtise.

Or, c'est un peu ce qui se passe aujourd'hui en Occident, des gens qu'on accueille, qui veulent vous imposer leurs lois, et leurs principes, et leurs valeurs, leurs habitudes, leurs coutumes et leur culture. Et  ma grande surprise l'Occident dit : "Oui, oui, oui, oui ...", on recule, on accepte, on recule, on accepte, on patine, mais jusqu'à quand ?

"Oui mais c'est le message de charité évangélique, c'est le message de Jésus...". Tu ne comprends rien ! La priorité est à ma famille. Je ne peux pas ouvrir les portes de ma maison sans distinction (?), il y a des limites à garder, il y a une intimité à sauver, et faute d'avoir compris cela, l'Europe est en train de se perdre, complètement !

Si le Seigneur nous a donné un cœur pour aimer, Il nous adonné une tête pour penser, et quand les deux ne vont pas ensemble, c'est fini !

Il y a ce qu'on appelle le seuil de tolérance. C'est quoi le seuil de tolérance ? Le seuil de tolérance c'est ma capacité de subir quelque chose, d'accepter quelqu'un dans certaines limites, ou bien sur le plan du corps. On me dit le vin c'est bon, oui c'est sûr, je prends un verre, je prends deux verres, c'est encore,bon, mais c'est parce que le vin est bon je vais aller jusqu'à dix quinze verres, c'est fini... Non. Le seuil de tolérance, c'est un verre, deux verres, après c'est fini.

Sur le plan social c'est la même chose. Je dois accueillir mon prochain mon voisin, l'inconnu, l'étranger, oui, avec gentillesse, oui, mais sauf si celui-ci se comporte comme en pays conquis. Si celui-ci se comporte comme un grossier personnage, et bien je le remettrai en place, et pas au nom d'une fausse charité je vais m'écraser et me taire, non ! Non !

Actuellement ce flot d'émigrés qui vient du Proche Orient et qui déferle sur l'Europe, il nous faut les accepter dans la mesure où ils sont désireux de s'intégrer, d'accepter les valeurs européennes, le style de vie européen, le principe des sociétés européennes, sinon oust...! C'est comme ça ! Mais l'Europe ne sait plus faire ça. L'Europe, en fait se sont les dirigeants de cette Europe qui sont des vendus, des pourris, qui ont vendu l'Europe, qui ont trahi l'Europe, qui ont trahi leur peuple.

L'Allemagne en un an a accueilli deux millions de réfugiés, la Suède n'en parlons pas et les problèmes se multiplient, de viols, de meurtres, de vols, que sais je encore ? Jusqu'à quand ?

On me dit : "Tu es fanatique." Je ne suis pas fanatique, je suis réaliste. 

Charité bien ordonnée commence par soi-même. Charité bien ordonnée commence par sa famille et sa maison et les gens de sa maison ! Bien ordonnée. Il y a un discernement à faire. Le seuil de tolérance à partir d'un certain seuil, je ne peux plus tolérer plus que ça. Comme le corps quand il y a une climatisation raisonnable c'est très bien, mais comme en Egypte on aime le maximum de climatisation on vous met dans une boîte frigorifique et on vous dit [...]. Et bien non, cette semaine j'ai attrapé une grippe. Non, il y a un seuil de tolérance.

Eh bien mes chers amis, ce que je dis de l'accueil de l'Europe, je peux le dire au niveau de l'individu. On s'accueille, on s'aime, on se supporte jusqu'à un certain point, mais à partir de ce point il y a à dire à l'autre : "Stop, arrête, parlons ensemble, discutons, discutons !". Je suis bon, mais je ne suis pas bête. Mais il y a des gens qui sont bons et bêtes. SI vous voulez que les rapports entre mari et femme fonctionnent bien, sachez à un moment donné dire à votre femme ou à votre mari : "ça suffit." Commencez par lui dire gentiment, mais si il ne comprend pas ce langage, montez d'un cran, et puis d'un cran.

J'ai fait ma thèse de psychanalyse à Chicago il y a cinquante ans. Je suis en train de chercher à la publier. Sur la bouche, vos bouches sont charmantes, les lèvres ça embrasse, c'est tendre, c'est mou, c'est gentil les lèvres, et qu'est-ce qu'il y a derrière les lèvres ? Errrrr, il y a les dents ! Si tu ne comprends pas le langage du baiser, eh bien je mords. Vous allez me dire "Oh !". Et bien oui, Dieu a fait la nature ainsi. Tu comprends le langage du baiser ? Alors, je m'arrête là. Tu ne le comprends pas ? Errrr... C'est comme ça. Il y a toute une sagesse dans la sitiologie (?) humaine, dans la composition du corps humain : les lèvres, les dents. Et sur le plan social c'est la même chose, et les lèvres, pour s'embrasser, pour sourire, mais si l'autre ne comprend pas ce langage, alors, alors il y a les dents.

Vous allez me dire "ça n'est pas très évangélique ce que vous dites". Vous pensez quand Jésus a été giflé par le serviteur du grand prêtre , Il ne lui a par tendu l'autre joue, Il lui a dit : "Si j'ai mal parlé, dis moi en quoi j'ai mal parlé. Et si j'ai bien parlé pourquoi est-ce que tu me frappes ?". Il a répliqué, Il a réagit, Il a protesté. Beaucoup de problèmes psychologiques tiennent à ce que les gens ont peur de faire face, et ils rentrent leurs problèmes, l'autre les écrase... femme, mari, enfant, voisin, que sais je, au nom du "Vivre ensemble", au nom de la gentillesse, on laisse passer, on accepte, on avale des couleuvres. Non ! Non...

Sauve ton identité, tu sauveras ta relation. Sauve ta propre identité, être d'abord, être d'abord soi-même, t'affirmer.

Je l'ai vécu dans ma vie. J'ai su ce que c'est que de se faire marcher sur les pieds. [Je raconterai ça un jour, vous le trouverez d'ailleurs dans internet où je raconte ma vie , et j'ai réagi un jour après avoir été écrasé, écrasé, écrasé, piétiné. J'ai cassé tout... et il m'arrive de dire à telle personne qui vient prendre conseil auprès de moi, si ta femme, ton mari, ton voisin, ton copain ne comprend pas, réagis. Pam ! Ne doutez pas. Pas de refoulement, ça tue, ça tue intérieurement.

Il faut être libre pour aimer, sinon ce n'est pas de l'amour c'est une trahison.

Alors, l'hospitalité c'est très beau, c'est très bien, l'accueil c'est très beau, c'est très bien, la charité c'est très beau, c'est très bien, mais à côté du cœur faites intervenir le cerveau, pour que notre charité soit marquée au coin du bon sens et de la sagesse. Amen.

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